[ NGC3372 ]

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quel amour sera laissé derrière toi

parce que tu es ce continent
flottant
et que tes peuples n’ont pas encore de père
ni tes fleuves
ni tes îles
combien tes heures écoulent
dragons et chimères
lueurs et leurres
combien

et quel chagrin portera ton nom

 
 
 
 
 
 

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o tes âmes pleuvent
mille mondes incertains encore

o ces rêves si frêles et pourtant réels
comment ne pas les boire
ni les manger

et ces milliers de regards
o leurs prières et leurs chants
entends-tu
appels parmi les pleurs
voix exhaussées

est-ce mon frère ?
est-ce le tien ?


 
 
 
 
 
 

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ainsi dresseras-tu tes piliers en plein espace
dans le geste rémanent
— chants berbères où s’élèvent les tentes
— hululements et danses des femmes
mémoire des nomades
espérances et soifs

et alors ta parole sera la menthe
ta parole sera le thé

 
 
 
 
 
 

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et tu contempleras le sombre comme la noble matière
et d’elle tu façonneras — nulle foi, nulle arme —
le coeur véritable qu’appellent tes esprits
celui où toutes tes âmes anciennes chantent

et ainsi — entre les yeux lumineux des espaces —
tu sauras lire
les voix de tes mères d’avant tes mères
les voix de tes pères d’avant tes pères

tu sauras que je suis ta soeur

 
 
 
 
 
 

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regarde
mille univers semés de mille îles
tant de merveilles !

tu peux crier
pleure encore s’il le faut
mais relève-toi
relève-toi parmi tes corps tombés
parmi tes morts nécessaires
relève-toi sur le chemin


 
 
 
 
 
 

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il y a tant à faire
tant de chants non chantés encore
tant de corps n’ont pas reçu d’âme
et tant d’esprits sont plus que déserts

images-tu le ciel sans oiseaux
que tes frères sont tels en eux-mêmes

 
 
 
 
 
 

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imagines-tu le désert sans plus de grains en dormance
ni cache d’eau

tes frères seront mêmes

recommence le commencement de ton rêve
recommence la pensée
car le monde n’a pas encore été

 
 
 
 
 
 

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tu te coucheras dans le frêle lit d’une promesse plus ancienne que la mémoire de ton sang
et le rêve sera la marche réelle du monde

alors, dans thé de ta parole bue, nous saurons où étaient les mensonges de nos chairs
et où était tapie la mort des âmes

revêtu de ton esprit tu marcheras dans le coeur sans fond et parfait du chant et ainsi
nos corps soulevés recouvreront leurs étendues complètes

 
 
 
 
 
 

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car tu es l’eau et la menthe
tu es la parole et la soif

tes fleuves porteront les noms rêvés
les îles seront toutes nommées
tes continents porteront tes fils
et les fils de tes fils
reconnaîtront leurs soeurs
trieuses de grains
fileuses d’enfances et de vies
mères des prochaines étoiles

ainsi les chants renaîtront
dans les chemins d’espaces
et la soie des songes ne sera plus perdue

 
 
 
 
 
 

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relents et miasmes des cauchemars d’un autre monde
où le souffle étouffé meurt toutes ses enfances
détritus o les monstres évadés, infestations des néants,
cuves astrales et creusets anciens voyez-vous
les détresses engendrées — foyés neutres et atones —
entendez-vous la multitude des cris silencieux
— pleurs jamais pleurés — plaintes et accablements
dans le noir du noir des coeurs qui s’ignorent ?

 
 
 
 
 
 

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mes amours — poussières fortes — foison d’atomes
toi et toi, entends-tu mes larmes mes ruisseaux
est-il un chant que tu reçoives en est-il une île

s’il ne reste qu’un seul songe dans mon coeur
prends-le dans le sel de mon visage
aussi prends l’eau interne de ce qui fleurit
et je t’en conjure fais-en un corps d’espace
et fais que ce corps soit exempt d’horreur

 
 
 
 
 
 

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alors, peut-être, irai-je apaisée,
et parmi les hommes, mourir.

 
 
 
 
 
 

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