• [ fumée pensive — 12

« un ajustement survient régulièrement

la plupart du temps l’ajustement vient par un crash »

*

— prononce les paroles :

un ajustement — un recadrage — un replacement dans

justement

les limites

les règles

définitions

des bordures — d’oeillets — de filin

les besoins

les désirs

oups

*

*

*

— dis avec lenteur :

un accident une in/attention

un éclair

une fraction de seconde

éblouissante derrière les yeux

impact in/compréhension

est-ce un aspect qui s’éveille

une mémoire surgît

en soi

un espace

se révèle :

« je ne savais pas »

et tout ce qui l’habite s’illumine

« j’avais oublié »

« je pensais que.. »

« …que j’avais le droit »

de droit

jaillissent les images

le senti total des instants

(où tout s’écroule)

le croire se délite

en cendres

relève et révèle un réel

état d’être

à traverser, rendre, poser

admettre

dans le réel cadre du monde

ici, maintenant

..oups

*

*

*

— articule comme au cinéma :

« CrRAasHhh« 

une fin du monde et …un début

le commencement de « autrement »

je-ne-sais-quoi et l’inconnu

toi, veux tu recommencer l’hier ?

outche tu t’accroches dans

une couronne d’épines

une boucle de shröne

un anneau de moëbius

un oroboro éternel

manège

tournant tournant tournant et

CrRaACk

« maman ! la roue de mon hamster est cassée… »

et « maman » de dire « enfin! » en soupirant d’aise

(oups)

*

*

*

— chuchote comme dans la nuit :

… le crash — le moment précis

une faille

brusque

comme la mort

 » … je me suis trompé »

« j’ai fait une erreur

de jugement »

et

j’ai jugé

et j’ai trahi

comme j’ai été trahi

je me suis jugé trahi ?

… ai-je été trahi ?

et par qui d’abord ?

oui tiens …par moi-même

par moi-même

j’ai triché

j’ai menti

à moi-même

au réel

des choses et du monde

« je ne savais pas »

mais j’ai dit que je savais

j’ai … pensé savoir

je m’étais convaincu

… de quoi ai-je l’air

je le vois

maintenant

je le vois

et je me vois

comme j’ai été

et j’ai été

oups…

*

*

*

nous sommes

et avons été

nous avons tous « cru »

*

* * *

*

je te disais

nous avançons parmi, parmi le changement et dans l’instant rugueux, et ici maintenant, dans l’isolement obligé d’un contexte, d’un momentum en forme de bulle forcée, de bulle à soi, dans la perception sentie du seul, être seul. avec soi.

et comme au pied du mur.

il n’y a que le vis à vis, le tien, droit devant toi-même. droit.

n’est-ce pas une sorte d’aurore, une idée neuve qui jaillit derrière les yeux, comme si un « monde écroulé » changeait de couleur, d’angle et de lumière, subrepticement, comme si quelque chose de neuf surgissait du brouillard … du flou.

écartant des franges, écartant

les images

et révélant..

n’est-ce pas cela, le choc du présent ? le regard étonné de découvrir autre ce que tu vois, regarde, aperçois, si seulement tu choisis de voir à nouveau. de toute ta présence consciente à ton propre jour, à ton ombre et son ombre,

l’ombre en toi.

*

— chantonne maintenant :

choc. ébranlement. éboulis. fracture et brèche.

épanchements soudain

de cris — de sang

de pierres

de pleurs et d’eau

les digues

les barrages

croulent

dans la rive/hier

et

le veritable retrouve le véritable de son cours

*

*

*

crraatchhh

l’arrachement

du « pense-ment »

la bande adhésive

sur l’être

sur la bouche

d’être

Aïe !

Oups!

*

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• [ fumée pensive — 11

« l’état de conscience est en expansion

la température normale du corps a chuté d’un demi degré »

*

depuis la grotte — te souviens-tu

tu guettais les dangers, l’odeur grasse des proies dans la bise du grand temps blanc. l’appel des longs crocs. aux moments noirs tu allumais le feu, le sage psalmodiait sa mémoire sur la parois. la mamelle nourrissait le futur de ton clan, en regardant la danse des ombres. tu étais fière, ta compagne était fière, dans la force de vivre vivant la force véritable. la vie forte. et vois toutes nos vies depuis, mais vois aussi tout l’engendré

pareil à l’enfant l’entendement grandit lentement et pareille l’Histoire se trafique d’histoires fausses et vraies, de croyances. les temps s’enfilent comme des perles, les histoires se combinent, s’ajoutent et pèsent si lourd et tant qu’on ne puisse démêler le vrai du faux qu’à l’arme blanche, la lame du coeur. quand il faut trancher il faut trancher. trancher les rideaux masquant le jour, le visage, la bouche. et retrancher de la balance les poids pipés, débusquer la triche et le mensonge, défaire les faussaires véritables. et ne plus croire comme un enfant se raconte des histoires et les raconte encore et sans cesse pour y croire plus encore. l’humain se répète et se croit. dès lors il s’impose. comme il s’impose il impose son mensonge sur le monde.

pourtant un jour on apprend une leçon comme un trésor : on ne parle jamais que de soi-même. une leçon rude de la rudesse de l’homme même — à lui rendre un jour, avec la douceur d’une bise. on ne parle jamais que de soi-même, il faut apprendre à l’entendre et à le lire comme une langue étrangère, pour apprendre de l’étrange hier ce qu’il faut savoir demain. dans l’après, cet âpre sans apprêt, où il n’y a plus de paraître, l’histoire change de maître, l’Histoire redevient, parce qu’elle se recommence autre, autre à toi, autre au réel. hors des murs. hors des mensonges — hors de l’illusion (de contrôle pour se sécuriser)

hors des murs des autres, et hors des murs de soi, hors de la méta-grotte archétypale et philosophique, se trouve et se rencontre le vent vif du réel, celui qui gifle les joues, fouette le visage, coupe le souffre au tranchoir de froidure, ou étouffe tout l’air en le brûlant d’été. c’est au choix. celui de soi. le choix de com/prendre les choses en soi-même, avec des baffes et des gifles, avec un fouet, ou avec du feu… ou encore celui de ne se servir d’aucun élément sinon que de son seul coeur — le courage d’être.

en avançant de quelques pas libres dans l’espace libre et nouvellement libre trouvé en soi, on perçoit autrement les valeurs « murs » des autres qui les enferment, celles du « clan » et l’appartenance aux murs dans lesquels on s’enferme ou s’enfermait de manière volontaire, dans une sorte de soumission volontaire, volontaire tant que subsiste la croyance et/ou une peur cachée, et tant qu’est accordée une emprise. en com/prenant (du grec — prendre en soi) lesdites croyances et peurs, se trouve l’in/logique d’une fausse logique, l’in/rimage, l’image qui ne rime pas, ce qui rime faux, la note de travers que personne ne veut entendre. et à l’entendre soudain, tu comprends la partition du réel et la recomposes entière, complète, véritable. et tu entends enfin la mélodie réelle au réel du réel. il n’y a plus de mythe.

écoutant le vent réel de ce qui souffle tout autour de ce que tu incarnes en toi-même, le vent du monde, le chant que tu respires sans l’entendre, ces millions de voix murmurant une berceuse, une ode amoureuse, écoute aussi ton souffle accordé à tout l’air. écoute ce que tu lui accordes. dans toutes les aires ouvertes de ce que tu es. aspire. entends. comme tu t’adaptes aux grands vents, au réel transformant et changeant du Monde, tu respires par goulée cet air invisiblement changé et malgré toutes tes résistances apprises tu désapprends et intègres, tu changes. car tu changes, le monde change. car tu te changes, ainsi tu changes le monde.

*

* *

si l’univers est en expansion

et que la conscience est à l’instar,

l’espace lui-même s’espace

et espace les soleils ;

quels soleils tiendront

les êtres au chaud

sinon ceux, neufs, radiants,

de nos consciences ardentes

* *

*

Suite de — fumée méditative

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• [ fumée pensive — 10

 » la Terre fait une révolution par vingt-quatre heures

la révolution est constante dans la pensée « 

* * *

la présence et la conscience de l’état d’être

dans la charge de la planète et la vélocité

la résonance du champ magnétique

la puissance de l’appel à 27000 km

l’emportement et les vents du grand carrousel stellaire

et le vent vif que tu respires

celui duquel tu es

et où [ je ] te respire

*

*

tout change

constamment et

si tout change constamment

comment en arrive t-on

à s’inventer l’illusion de l’immobilité

si ce n’est l’acte d’une résistance

et à quoi sinon qu’au réel de soi-même

*

*

figes-tu la mer ?

seulement dans le grand hiver

ta pensée est-elle le grand hiver ?

non voyons, mais…oui, elle bâtit des murs livides

les murs blancs s’autojustifient pense-t-on

pour en-fermer …

… enfermer ses peurs

au lieu de les laisser passer avec les courants d’air

*

*

une révolution, un tour, retour sur Terre-même

et un retournement en un an

empreinte terrestre

et matricielle

par la force des choses et d’un réel réel

le réel du méta-sanguin intra-utérin

au réel concret du monde de la planète Terre

au réel concret du cosmos et de ses bulles quantiques

au réel réel de la quantique de l’être dans le monde

pas à pas

dans la conscience

*

la joie

le deuil

la libération

l’inconnu

se regarde s’observe par — lentement —

les apprentissages et les intégrations

les rythmes de croissance

dans le physique du monde Terre

les rythmes de croissance psychique

dans le physique de l’être

acquisitions intellectuelles et affectives

dans les champs magnétiques des orbes

les résonances et nutriments

les petites valises pour la vie

les essentiels

*

la pensée révolue

la pensée ré-évolue sans cesse

le pensée se révolutionne

et est projeté

sur le monde

en intra-cinémascope

où la pensée fait des manèges

puis, les manèges suffisent !

alors la conscience descend du manège

elle a le vertige ou elle est étourdie

jusqu’à se confondre le vertige et l’étourdissement

en les mariant dans l’absolu senti

c’est certain ça donne mal au coeur

autant que la nausée de Sartre

alors on vomit tout et

on voudrait mourir ce qui le doit

et

on se penche — lentement —

la tête vers les genoux

comme dans le ventre de sa mère

et tout se calme

tout se place et s’éclaire

les murs auxquels on a voulu croire

les manèges des kaléidoscopes

on trouve les montants comme les moyeux

on reconnaît la structure et le moteur

on atteint la matière et le motif

on éteint la machine

on s’écroule des murs tenus debout pour tout fermer

*

* * *

————————————————————————————

————————————————————————————

] enceints [

regarde..

– qu’est-ce que c’est ?

les anciens appelaient ça de la dynamite

– et à quoi ça sert la dynamite ?

ça sert à faire exploser les murs… nouille

– mais tu peux pas faire ça !

mais oui je peux et pourquoi pas ?

– ben parce que tout va s’écrouler, non ?

mais non voyons ! on fait sauter celui-là et comme ça on pourra passer de l’autre côté et ..

– et de l’autre côté… il y aura un autre mur..?

possible, mais on le fera sauter aussi !

– tu en as combien de cette dynamite ? je demande hein… parce qu’avec leur religion des murs on n’a pas fini ce soir… * putain quel boucan! wow! tu vas ameuter les autorités

mais non, les autorités sont de marbre voyons…

(rires)

– toi, t’as vraiment un grain !

chais pas mais j’étouffe j’ai besoin d’espace et là il n’y en a plus, aussi bien en faire…

– tu ne t’es jamais dit que tu pourrais te faire prendre et enfermer ?

… enfermer ? mais on l’est déjà, tous, on est enfermés, TOUS ! tu me fais penser à une nouvelle que j’avais lue..

– toi, et ta littératûûreuh..

non, écoute, le mec, Christopher Frank il s’appelle, il a écrit une histoire

– et ?

ben, dans son histoire tout le monde est obligé d’être bien et souriant tu vois…

– et ?

et il y a une fille… une fille chouette…

– et ?

ben… elle a un coeur.. une conscience tu vois ?

– hm… continue..

alors parce qu’elle est différente un peu… ils l’obligent à une chirurgie..

– non!

ouep, mais la chirurgie c’est..

– c’est quoi ? accouche c’est long ton truc !

la chirurgie est esthétique, c’est un sourire pour toujours !

– quelle horreur !

ouep, tu l’as dit…

– alors elle était obligée de se sécher les dents pour le reste de sa vie ?

ouep… mais elle n’a pas voulu…

– qu’est-ce qu’elle fait la fille du livre alors ?

euh… elle se l’arrache..

– Mortelle !

exactement, c’est exactement le titre du livre..

– wow! yi yi yi yi yi !

arrête ton cri de guerre amérindien tu vas nous faire repérer..

– bah.. la dynamite fait plus de bruit * c’est le troisième mur… tu crois qu’on y arrivera ?

faut jamais baisser les bras ! et tiens, regarde, je crois qu’on va avoir un coup de main

– ha! ouais, on dirait qu’on a de la compagnie…

c’est les renforts. aller, passe-moi la tige qu’on se fasse le suivant…

– et dis, tu me le prêteras ce livre ?

lequel.. ? ha.. Mortelle ? oui bien sûr si tu y tiens.. mais d’hab tu lis pas…

– là c’est pas pareil, celui-là il fait sauter des murs… dans la tête.

*

________________________________________________________ conclusion sur espace/vers : [ enceints [

—————————

* * *

: suite de « fumée méditative »

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• [ fumée pensive — 9

 » comme « tu es une forêt » résonnent les forêts

et comme résonnent nos « forêts » d’êtres « 

*

arbre de sang

arbre

des nerfs

forêt vive

des branches du coeur

jusqu’à la conopée neurale

tu scintilles

sans jamais le percevoir

tu regardes

fascinés

les arbres accrochés

au ciel

et ta forêt

vive épouse

les entrelacs et les interstices

dans l’éclat mouvant les ombres dansantes

aux caprices des vents ou ceux de la mémoire

*

tu alignes ton tronc au corps de l’arbre

et tu plonges

dans ses feuillages

où soudain ta pensée respire

et s’expand

lentement

très lentement

et ton regard glisse et revient

aux mouvements autour

des êtres debout sous les arbres

et tu vois autant de forêts que d’êtres

autant d’êtres que de forêts

arbres de chairs et toi tout pareil

accolé au corps dru d’un siècle ou deux

*

dans les bruissements et les murmures

tu fermes les yeux

et tu vois apparaître des siècles d’êtres

des forêts entières de vies de sang de coeurs pulsants

encordés de corps donné

et ces forêts entourées d’arbres dressés de millénaires

tes yeux s’ouvrent

tu souris

car tu es le bruissement et le murmure

*

« avant nous ne savions pas que

nous étions des arbres vivants,

ou des arbres qui marchent et parlent

nous nous pensions si stupidement seuls

mi-animaux ou mi-humains et

stupidement nous abattions des vies de chairs

et des arbres à tour de bras

nous tuions toutes les créatures qui respirent

stupidement, jusqu’à l’extinction »

*

à dh — anaphore

:

tu respires largement

dans l’arbre double de tes poumons

dans l’arbre de ton corps debout vibrant

dans l’arbre que dessine ton sang

dans l’arbre que dessinent tes nerfs

dans l’arbre de tes mémoires et souvenirs

dans l’arbre de tes apprentissages

dans l’arbre de toute ta pensėe

dans l’arbre caché de ta psyché

dans l’arbre des mères de ta mère, et leurs mères

dans l’arbre des pères de ton père, et leurs pēres

dans l’arbre de toutes les espèces du vivant

dans l’arbre du temps et de la vie

tu respires longuement

et tu n’y penses même pas

*

un jour nous réaliserons que nos forêts d’êtres sont si nombreuses qu’elles étouffent la Terre, la vie, par inconscience d’elles.

.

suite — des méditatives

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citation – François Chen

Extrait : Cinq meditations sur la beauté. p. 30.

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