• [ fumée pensive — 5

 » la proie n’est plus celle que l’on croit

pour une fois la proie c’est nous, moi, toi « 

un jour ou l’autre, ou une nuit, on se réveille « à l’envers », non pas à l’envers dans son corps mais dans sa vie. comme par magie ou malfaisance, le gant des rôles inversés, tout ce qu’on aura donné, bon gré, malgré, nous est rendu. rendu sans refus possible. jusqu’au point de rupture dans l’être ou jusqu’à l’émerveillement simple et numineux

le point de rupture est cette falaise où glisse et tombe toute forme d’architecture, mais tout l’air ; cette faille rougeoyante dont le souffle seul brûle les cils et le visage intérieur ; cet enfer où les ombres nous gagnent et nous rognent l’os et la moelle, infusant leurs poisons jusqu’au moindre songe, et jusqu’à leur coeur même.

toute tentative est vaine dans la chute, sauf de se retourner, de faire face. et de tendre le bras la main les deux pour attraper la vie, coûte que coûte, se lancer comme un trapéziste.

attraper la vie, attraper le courage, attraper la vision neuve de ce qui s’écroule, caduc. percevoir et lire l’intuition de ce qui surgit dans son mouvement même, comme au ralenti, capter, entendre et agir à la seconde. vivement, de tout son être, se propulser dans l’événement de cette vision neuve, entendement, compréhension, comme une fenêtre ouverte soudain, un jour frappant juste, d’un un éclat éblouissant où plonger son être tout entier afin de traverser un miroir de malheurs et de maléfices*

* maléfils, maléfilles, malémères, malépères, malémoi, malésoi …

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in/poème

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• [ fumée pensive — 4

 » l’Homme se roule et court dans tous les sens

on dirait la panique d’une fourmi égarée « 

*

prédateurs des prédateurs, ou escroc parmi les escrocs,

la pensée renforcée par les millénaires.

tout violer. tout avoir. tout posséder.

et dans tous les sens y parvenir.

*

pris à son propre jeu, comme pris au piège de ses fiels,

le réflexe est la fuite quand il n’y a nulle échappatoire

à son humanitude

*

qui s’arrête dans son propre cri

qui se voit vociférer

qui entend son premier cri

qui reçoit le sens

qui lui donne naissance

qui l’accueille et le nomme

.

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• [ fumée pensive — 3

« parfois on se roule soi-même dans la merde

parfois c’en sera d’autres qui nous rouleront « 

de se rouler, longtemps trop longtemps, à s’étourdir se perdre dans les méandres des marais nauséeux des malêtres. les motifs émotifs poissés. la foi engagée entière dans la souffrance et les suppliques, d’impuissances acharnées jusqu’à la désincarnation. être avalé par un labyrinthe plus sombre que sombre

*

…à se faire trop rouler on perd toute confiance. est-ce. en l’autre, est-ce en soi. est-ce une faille soudain, une grande brèche, une vitre qui se brise en milliers d’éclats ou une falaise qui s’écroule juste à nos pieds. est-ce un miroir de ténèbres traversé soudain malgré soi.

fourvoyé, on n’entend et ne croit plus que les paroles du manège, des autres, des paroles qui nous entournent, nous emplissant jusqu’à ne plus s’entendre et si bien que notre propre voix nous semble parfaitement étrangère. on perd tout. et c’est la nuit.

la nuit totale.

*

les errances s’éternisent, se butent dans quelques sombres artéfacts rampant, déchéances putrides aux relents de hontes mortifiées, jusqu’à les pleurer et les entendre pleurer en soi, pleurer en telles et toutes parts de soi, jusqu’au murmure jusqu’à la voix, rendant le lien, la parole à l’être.

l’être et ses choix.

et peu à peu des repères et motifs apparaissent, brillent. ténus.

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• [ fumée pensive — 2

 » jusqu’à ce qu’on se roule dans ses merveilles

alors ça roule vraiment et on le partage « 

c’est dit de manière bien trop simple, je me le reproche vivement d’ailleurs, mais comment nommer au plus près et sans apprêts ce senti d’un être émerveillé ? …mais encore trouver ces merveilles n’est-ce pas déjà les accompagner un peu tant qu’elles nous sont présentes, et les respirer mieux, n’est-ce pas aussi les vivre et les savourer afin qu’elles nous soient davantage présentes et jusqu’à cette forme de joie dans l’offrande la plus nue, la main ouverte ?

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