[ petite moisson de Septembre

pensées extimées, réflexions, un petit chemin s’ouvre et permet d’avancer encore un peu vers soi qui est l’autre

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Bonne lecture !

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in/poème — à l’Octobre venant / les heures blanches

tranquillement
la nuit change
un axe lent — remonte pente vers
une autre saison

il pleure du ciel
des insectes mourants
des mots
laids
ou méchants
rien ne lave ce monde

ta figure m’est un refuge
tout contre
l’Octobre venant
j’y scrute les étoiles naissantes
cet horizon sans nom
quand dans les ombres
le monde tourne
ses monstres de guerre
ses coercitions
tsé la mitraille pis la matraque
la bassesse primaire

garde-moi
garde-moi encore un peu
des fous
que je me garde
dans tes silences

cette nuit
un axe change lentement
remonte la pente
vers les heures blanches

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l’été est mort

les outardes fendent
ouvrent le ciel
les degrés
chutent jusqu’au matin

l’étourneau chante sur le nid vide
les amours enfuies
la cigale s’est tue

dans l’armoire
la laine chuchote
dans la maison
l’âtre chuchote
dans mon être
mon âme chuchote

l’été est mort ce matin

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mine de rien

[ pensé tout haut — je pense à toi

mine de rien le temps court comme la Terre tourne ; le jour de déclaration de contamination de COVID-19 était le 23 décembre 2019. nous en sommes à environ 1008 jours de pandémie … et je pense à toi, qui depuis trois ans bientôt, subi la pandémie (et sa septième vague — on va surfer jusqu’où comme ça?) de COVID-19 et OMICRON, à toi, où que tu sois, obligé à des injections de produits chimiques non homologués qui t’auront épuisé le système immunitaire, à toi, qui aura perdu un proche … à toi, obligé à une adaptation sauvage de restrictions sociales, de contraintes qui s’ajoutent aux contraintes qui s’ajoutent aux contraintes qui … climat tendu auquel s’ajoute une saloperie de guerre (façon de « vivre » masculine, éculée et arriérée, datant des siècles antérieurs) parmi d’autres conflits armés pullulant et parmi ce qu’on appelle l’humanité ; je pense à toi, pendant que les denrées alimentaires et les produits de soin deviennent de plus en plus chers (ou introuvables…), pendant que les commerçants capotent, pendant les passants capotent, pendant que les écoles capotent, pendant que les environnementalistes s’arrachent les cheveux et capotent, que les gouvernements capotent, que tout capote. mine de rien. je m’arrête et je pense à toi qui survis, tant bien que mal, toi qui tentes de trouver à « moyenner », en essayant de pas devenir gris ou fou, ou désabusé. tu survis, parce que tu veux vivre, et c’est beau : c’est beau parce que quand tu arrives à sourire tu le fais comme les enfants sourient, en s’oubliant, ou comme on le disait autrefois, tu sais ? : « sourire aux anges » ; c’est beau simplement parce que tu ne te souvenais plus savoir sourire, c’est beau parce que tu te demandes ce que c’est de vivre vraiment finalement et que la réponse, la seule vraie réponse qui vaille, se cache depuis toujours, dans ce même sourire. mine de rien. je pense à toi, à ton sourire que j’aimerais tant voir, parce qu’il touche la vie. et bien plus haut que la stupidité …

prends soin de toi
m’en retourne à mes pénates…

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— des promesses et leurs songes

trouvé dans ma poche

les jours d’Été se sont enfuis avec leurs robes en couleurs emportant en sillages des mirages de chaleur laissant derrière des promesses et leurs songes futurs se préparer au long et blanc sommeil

les jours gris pleuvent et courent en ouvrant le ciel aux V des oies pour le grand bal du jour égal de la balance céleste qui nous plonge et déplonge dans l’hiver nous remontant aux vents polaires

pendant ce temps tout doucement rêve et se concentre un germe de ce qui pourra être encore tout comme furent tous les grains qui le firent d’un seul à vingt, de vingt à quatre cent, et voici un champ

les jours d’Été se sont enfuis avec leurs robes à fleurs en laissant derrière des promesses et leurs songes …

poussé inattendu sur mon urbanik balcon
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[ les fleurs du soir

— pensées pour des absents —

je pense à toi
que je vois pas
à toi
dont la voix éteinte
surprend ma nuit

je pense à lui
au bout de lui-même
à celui
qui ne demandait qu’un je t’aime
et qui brûle ma nuit

je pense à nous
à ce qui n’a été pardonné
à nous tous
empoisonnés et tristes
épuisant la nuit

je pense à vous
qu’encore je chéris
à vous
dont les chuchotements
rassurent ma nuit

je pense à elles
effacées du monde
à elles
dont les cris silencieux
fendent ma nuit

je pense à eux
qui se croient malheureux
à ceux
dont la coupe pleine
soûle ma nuit

je pense aux petits
qui partent trop tôt
mais aux petits
qui arrivent cette nuit
qu’ils illuminent l’avenir

et je pense à moi
pensant tout cela
à moi
dont la vie passe comme l’éclipse
souriante dans l’effleur du soir

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— adieu lent à l’Août

quelque chose se ferme comme les cigales meurent …
était-ce une demeure ou une saison
un lieu d'être imaginé
quelque chose s'efface
des mémoires s'ouvrent et se ferment — on dirait des yeux
des vieux cartons
des fleurs fanantes
quelque chose …un jardin s'évanouit
tandis que j'y passe
des grilles s'ouvrent et se ferment
me libèrent ou m'éveillent ; ai-je donc rêvé l'été
bijou de trottoir
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in/poème — l’août, portrait du 4

.

le silence éclate

— entre les longs stridules des cigales — le tonnerre horizontal de l’avion cargo — le vrombissement des véhicules terrestres — le rire des enfants — les grincements des poulies du ciel — les sirènes de voitures de policiers ou de pompiers — les roulements à billes des planches — les chants d’oiseaux d’arbre en arbre — les voisins qui papotent — les tondeuses à gazon — le recule du camion — la musique imprécise d’un lent passant — des échos de cloches —

comme une bulle

.

.

.

les fleurs paraissent incertaines des heures

trop chaudes et grises fanent leurs airs

après touffeurs et lourds jours de cendres

les orages mauves aux hurlements violents

l’ardeur semble une aube dans le brouillard

où vivote faible la lueur bleue d’une trêve

.

.

.

après la trêve

le vent court et murmure des louanges aux feuillages des arbres — une balançoire chante doucement ses aller-retours — un oiseau lui répond en s’accordant à son rythme — un cri de bébé transperce l’air — comme une vague le passage d’un véhicule à essence se gonfle roule et s’évanouit — un piano résonne et s’éteint — un klaxon éclate — de la musique reggae écrase tout et laisse un sillage — l’autobus électrique se rallume — un hélicoptère tranche longuement le ventre des nuages

tout reprend

.

.

.

la ville vibre pulse gronde ou grogne

grande bête qui s’ignore et s’oublie

où l’enfant y éructe une joie colérique

des adultes feignent d’être adultes

la ville vibre pulse gronde ou grogne

;

sous des moutonnements gris chagrins

les machines rampent dans le ciel

les machines roulent dans les rues

les gens font marcher des machines

les machines font marcher les gens

sous des moutonnements verts d’arbres

— silencieux —

.

.

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