disons

disons que les livres lus, la littérature ingurgitée, les voix absorbées, aient été des forêts, de celles qui nous peuplent avec les ans. puis disons qu’il s’agit aussi de lentes décompositions, puis d’humus. disons que certains arbres de cette forêt génèrent ou regénèrent. disons que cela fait terreau où planter la jeune pousse, disons encore que le vivant de l’écriveur lui soit ruisseau, disons plus avant que la nature prend du temps à développer ses pulpes, disons que dans la patience nécessaire oublier est tout aussi nécessaire. 

marcher parmi la forêt nous ramène un jour au point où avait été plantée une pousse qui n’en est plus une, s’y trouve un arbre tout au bord de l’eau courante et vive, un arbre étrange d’une essence étrange. disons que son écorce est lisse et jaune pâle, disons que ses feuillages sont diaphanes et lactescents, disons encore que ceux-ci semblent de la grandeur d’une main, et que si on y regarde bien des mots s’y sont écrits comme veinules. ainsi des arbres grandissent portant un livre, et le livre nous apparaît que lorsqu’il est mature et prêt. je viens d’en retrouver un. je ne sais pas combien j’en ai planté, mais celui-ci, je le découvre, m’attendait. 

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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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3 commentaires pour disons

  1. 4ine dit :

    ( ha je me trouve en flagrant délit de « la veuve et l’orphelin »… rien ne m’en guérit. si ça se trouve il me faudra un jour faire un livre — de cet écrire non littéraire au sens littéraire du terme — un livre, dis-je, entier de veuves et d’orphelins, si bien que ces chacuns s’en trouveraient être la chair réelle et dont tout le sens ne pourrait apparaître qu’à la toute fin… plantons donc cela, voyons voir où … )

  2. 4ine dit :

    ..et poussons davantage ce mal-écrire

    p.s. le non-littéraire n’étant pas de la contre-littérature…

  3. 4ine dit :

    Merci à Jean-Marc Lafrenière d’avoir partagé.

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