*

pardon, 

pardon, je ne t’écris pas, je ne t’écris pas de poèmes, et si j’en écris je te les cache, me les garde et les réserve. j’ai pensé te déposer des notes, des pistes, mais elles sont déjà là, déssiminées dans les pages des trois dernières années. tout est là. alors je me suis ravisée dans mon viseur, ravisée des ravissements que j’éparpille. parce que donner trop de précision, faire des dessins, baliser encore la sente où mes pas me mènent, éclairer la nuit, est inutile quand tu ne demandes rien, quand tous les silences prévalent… 

ma trajectoire indépendante en arrive au point où il me faudrait traduire, définir et redéfinir (la tangente des derniers mois – les absences aussi), comme si en cheminant des sens s’étaient précisés, affinés, approfondis, et que sentant que cela m’investissait davantage, m’investissait intimement, je choisis d’y rester concentrée. 

je crois que la propansion au caché, au secret, à la réserve – ce que j’ai problament le plus combattu de ma personne pour mieux me le rendre – reprend le dessus, mais reprend sa place, se réhabilite dans ses propres termes et espaces. si je cherchais quelque chose je cherchais surtout toutes mes parts, et c’était comme si plus j’ouvrais le territoire plus il m’ouvrait également, élargissant de plus en plus les ampleurs initiales. et si ce que je suis appréhende d’entendement profond et serein cet état de fait mais état d’être plus que toute autre chose, rien ne peut m’être plus mien que cela. alors vois seulement qu’il m’arrive que je m’arrive dans ce qui s’en vient, avec le sens senti de rejoindre ma rive avant la transition pressentie, vers l’autre part, comme passant de la rive sud à la rive nord de mon propre fleuve, il m’arrive de me franchir, et ce faisant, je m’affranchis dans un même temps.

il se peut que des pages ou des textes disparaissent de manière inopinée, n’en sois pas inquiet ou déçu,  c’est simplement qu’ils prennent corps ailleurs, dans la dimension qui leur est propre.

à plus tard.

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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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Un commentaire pour *

  1. Jack dit :

    Par coeur, par dessus, le don.

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