ho ! les beaux poèmes

ho ! les beaux poèmes, on dirait des fleurs
… mais quelle erreur te pousse à écrire de « beaux » poèmes pour que les autres ne les trouvent que beaux ? et quelle est l’utilité d’écrire seulement pour qu’on en dise « ho c’est beau » !? 


au secours !! secourons-le ! 


— allô ? oui ? allô ? ha ! madame, vite c’est pour une urgence ! on a besoin d’une ambulance métaphysique … oui, c’est très urgent et très sérieux ! il faut sauver le poète ! … comment ça de quoi faut-il le sauver ?? mais de lui-même, pardi ! de lui-même, il s’est empoisonné l’intellect et l’échelle de valeur chez Cul-cul lui-même !! … ha !? vous n’avez pas d’ambulance métaphysique … ça n’existe pas dites-vous. ha ! qu’à cela ne tienne, je vais vous en inventer une ! (bon sang j’aurais dû téléphoner au bureau des brevets…)


yo l’poète, la maladie du beau poétique est comparable à la maladie sociale de la jeunesse éternelle et totale (en fait c’est une dictature pure et simple! — permettez que ça me révolte!) qui ne tolère ni les grammes de gras ni le ridule ni le cheveu gris ni les plis ! — et moi qui adore ceux que laissent les pliages d’origami… — imagine un peu de quoi elle aurait l’air ta littéraire poésie si elle s’adonnait à ces manies maniaques et malades des fausses apparences ! le tout lisse ! la plastique ! on met la littérature dans un moule et hop ! la voilà liftée !? et ça lui prend des petits pots de crème hyper dispendieux aussi ? mais alors ce n’est plus de la poésie, c’est une cocotte ! elle n’a plus rien qui nous creuse les méninges. tu veux quoi, qu’elle se prenne pour du fast-food ! et pour quoi faire ? … ha pour se vendre dis-tu… ? se vendre ? comme une … pute ? et puis quoi encore ?! ça va pas la tête ? tu veux putasser la poésie ? putifier le verbe et sa chair ? tu veux faire le maquereau et ramasser le blé !? quel corniaud tu fais ! si tu veux du blé deviens agent d’assurance, avocat, promoteur de condominiums, tiens ! pourquoi je te dis ça ? mais parce que la poésie, elle se fout du beau et du fric, elle s’en branle de ces conneries superficielles ! adhérer à la mode et à l’économie de marché ne rendra jamais la poésie rentable. et d’ailleurs il ne le faut pas, absolument pas ! c’est le seul art qui reste libre des vautours capitalistes ! le seul art hors catégorie marchande ! la dernière résistence ! la poésie c’est la Gaule contemporaine ! ha ça oui, je ne te ne fais pas dire, sur ce coup là, t’as été con. heureusement que je marchais par là… bon allez secoue-toi mon vieux, la route est encore longue.. je te le redis, il n’y aura pas de repos.

Publicités

A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
Cet article a été publié dans clavier d'intempérances, truc-muche. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour ho ! les beaux poèmes

  1. Ariane L dit :

    Très très chouette texte !

  2. 4ine dit :

    Merci Ariane L !

Réponse, avis, contre-avis, réflexion, écho, c'est ici:

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s