Il suffisait d’attendre • texte de Claire Ceira

c’est comme si j’avais vu les os du monde
quand le vent ne soufflait plus
debout au bord du plateau
au bord des dents de la falaise
– comme s’il avait pelé l’herbe, aspiré les lacs glacés
et arraché la chair des montagnes
pour l’adresser au ciel en poussière.

les grands os parlaient de la vie du monde
ceux des jambes comment sauter les os du thorax comment respirer
et les splendeurs lumineuses des phalanges
comment tout saisir et tout retourner
je voyais tout
il suffisait d’attendre.

— texte : Claire Ceira : suite des surfaces
— musique et voix : Catrine Godin

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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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Un commentaire pour Il suffisait d’attendre • texte de Claire Ceira

  1. rechab dit :

    Les grands reptiles de la préhistoire,
    Ont trouvé sur leur route des géants.
    Ce sont eux – peut-être – qui les ont enfantés.
    Ils s’étaient cachés,
    Au coeur de la falaise, et dormaient.
    Ils ont dormi si longtemps, que des arbres innocents,
    Confiants dans leur silence
    Ont commencé à essaimer,
    Les graines portées par le vent,
    Ou des oiseaux de passage .
    A les parcourir de leurs racines,
    Se tordre en direction du ciel,
    Ils les ont recouvert de l’ombre de leur feuillage,
    Si dense, qu’ils se sont refermés,
    Sur un secret bien gardé .
    Mais le plateau a basculé,
    Les rivières l’ont griffé de gorges profondes,
    Et en roulant tout en bas,
    Les roches détachées ont révélé
    De grands corps immobiles,
    Des omoplates, des vertèbres, des dents,
    Qui s’adressant au ciel,
    Ont fini par bouger, respirer,et se dresser
    Sur leurs vieux os, reconstruisant leurs muscles,
    Pour avancer dans les plaines,
    Vidant les mers dans d’autres bassins.
    Le ciel s’est alors ligué,
    A la révolte minérale,
    En jetant ses orages, ses pluies insistantes,
    Malaxant la terre de sa salive.
    Et puis le froid, et puis le grand manteau des glaces,
    Qui a figé tout mouvement sur place,
    Sauf le vent, encore,
    Tournoyant comme une horde de vautours ,
    … réduisant les reptiles,
    A des statues de pierres inutiles .
    L’art n’était pas du goût du jour.
    L’homme n’était pas encore né .

    RC

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