d i v – Retour au monde

RETOUR AU MONDE

fatigué d’être ou d’avoir été
ce que nous sommes
éphémère dans la buée d’une larme
le temps d’un instant
le temps de la séparation
fatigué d’être le pont écarté
entre tes bras la nuit
où tout semble avoir été jeté
avant nous le silence c’est joué de nous
un doigt dans la bouche
pour me dire d’avancer
à reculons je m’écarte
un peu de la lumière pour appartenir à dieu
après je serais toi un autre
m’appartenir
ouvrir les bras c’est mieux
pour être avoir été
un homme une rose de la neige
n’ai-je pas couru trop vite
pour me rattraper
si j’ose vous appelez ainsi
répondez-moi avant les autres

fatigué comme ce métal qui grimpe dans le ciel et qui circule à contre sens dans le cœur et le corps distingué des couleurs qui n’existent plus devant nous c’est l’abandon des choses une petite goutte de bonheur entrée dans la maison nous a conquis tout le restant de la journée de la journée je suis fatigué sûrement du ciel et des étoiles mal suspendus pour arriver jusqu’à nous entières et maladives c’est une pierre plus petite dans le bras qu’un espace entre nous libre de toute intention de tout désir le sas pour me jeter dans toi l’interdiction d’une langue primitive pour écrire ton nom en face du mien en face d’une autre j’étais j’étais j’étais parti parti dans toutes les directions possibles

les trésors ont-ils un but
d’appartenir à dieu comme ça
c’est nous qui les plaçons dans nos poches
pour arriver à nos fins
je dois compléter la case manquante avec mon corps
le cirque à poser pour disparaître
je trace un trait avec tes yeux
pour accentuer la courbe
des monts et merveilles
toutes les beautés
rendues possibles dans ta tête
pour détourner mon intention
une marche et je m’arrête
en plein vol pour accentuer ma chute
ma fatigue et dire que j’étais vivant
l’homme de toutes les conquêtes
l’homme sur qui on pouvait compter
les masques les souvenirs
la petite bête entrée dans ta bouche
pendant que tu dormais
les poings fermés
pour attraper le monde

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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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