regarde regarde / premier soir de Neige

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regarde au fond le pont disparaître
quand la mer blanche étend croulantes
ses voiles ses ourlets et ses langues
ralentissent la nuit sa chute et la ville
et la ville s’engloutie à force d’elle

regarde comme les choses s’absorbent
le désert l’eau et la nuit tout le reste
où un feu abstrait découpe le flanc nu
d’un arbre tendu vers la neige comme si
comme si ses feuillages lui manquaient
tant que la mantille pâle lui rhabillait le coeur

regarde regarde les toits s’endormir
sous le fin duvet enfin déposé
c’est le rêve des oies c’est l’éternité
qu’embrasse le silence les soirs …
à faire disparaître le loin et les ponts

-28/11/012-
chanson inachevée

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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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4 commentaires pour regarde regarde / premier soir de Neige

  1. La nouille dit :

    ahhhhhhhhh la neige urbaine et l’effacement J’ai aimé sauf le s de croulante qui m’a perturbée à la lecture j’ai essayé en vain de le raccrocher à voiles, la forme employée ne le permettant pas

  2. catrin dit :

    c’est fait exprès, et il va à voiles – la forme n’est pas la forme – je tâcherai peut-être d’expliquer ultérieurement..

    grand merci de ton passage sur mes TVI!

  3. Christophe dit :

    La neige tant attendue, et qui apporte le silence et cette impression de paix. La ville comme apaisée, la ville qu’on fait taire, la fureur qu’on éloigne.
    Très beau texte, renforcé par cette incantation (« regarde »), j’aime beaucoup.

  4. catrin dit :

    Merci beaucoup, Christophe, pour tes lectures si attentives, et tes si généreux commentaires!

    – Je pense que j’appelle « Neige » aussi fort qu’elle m’appelle, idem le silence; d’années en année toujours les textes de décembre tutoient, d’années en année je résiste de moins en moins… –

    Vraiment touchée de tes passages, je te salue!

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