d’ouvrir les rivières

l’écheveau (de la réversibilité)

 

des écrires tombés très fort
où plus vite que, se déroulent l’envers de leur corps
les pieds devant, les pieds en premier, ruisselants
d’ouvrir la rivière, de la conduire et la jeter d’elle,
eau-mère, rouleaux et croulements, lire l’eau recommence
furtivement à la naissance des chevaux, ici maintenant,

– je le sens à présent – ce cheval

la tête en bas – dit-on tête-bêche – où est-il/elle bêche
l’endroit et son frère envers, dual et moitié,
je ne cherche pas, présence de – je sens – ça tombe très vite
des trombes, la tête à l’envers dans l’in/versement qui m’oblige
– et furtivement ces miroirs qui inversent les réels – j’y pense,
regarde du Sud le Nord, l’Ouest de mon Est ce qui est
et sensation exactement de mes sens un de ces miroirs tombé – aussi

Réflexe rapide plus que toi-moi-nous-eux, quel maître – à dompter –
par lui on ne voit d’abord que les tessons, se rappelle ensuite
le fracas – mille bruits épars – se découvre peut-être que bruits scintillent
illuminent/répandent des luminosités-sons-éclats uniques – ou mirages…
et l’uniquement est précieux, mais mirages que précieux aux souvenirs
– puis étonnamment – mal, pour rien, avoir mal de fracas!

douleur, incertaine – de résonances incertaines –

n’appartient comme rien n’appartient à ce fracas (ni de lui ni de toi) – parle,
la douleur parle toujours comme une chose infime et très ténue
très ténue dans le corps, dans un muscle, une insistance de toute petite
brisure-brèche/faille-fêlure cachée-repliée entre les arbres d’os-tiens
fait apparaître un sentier, des voûtes et parois – noir ou rouge – bleu si tu veux
mais l’aspect glisse de lui-même – tu dis changeant peut-être
simultanéité de percevoir un chemin parmi et,
à cheval, regarder le front soudain du monde révélé

donne

ça donne – les mains ont des nouveaux yeux – ô splendeurs
où les fonds se multiplient d’approfondissement
l’esprit donne – se souvient-il bien du reflet ancien
celui qui composait la vision d’alors quand
les nouveaux yeux ouvrent-écartent leurs paupières
au beau milieu du lit de vers – qui rêve encore?

alors quoi, – rien, personne n’entend – espace réitéré –
reste un cheval arrivé les pieds devant, la tête mouillée
une bête chaude et ferme, qui a couru, qui a soif
soif soif d’eau vive, soif de..
il tourne, il manège et toi ahuri au milieu de toi-même comme
une bête chaude et ferme, qui a couru, qui a soif si soif
soif d’eau vive, soif de..
et corps épousés d’envers-endroit, des sachants neufs
dans l’espace que réitère l’in/versement,
ressens-tu, il faut trouver les yeux ouverts
à la musique de ce fracas, des insoûlables,

les infuyants aux clartés
les voyants yeux qui renversent le monde
sont

les chevaux à ouvrir les rivières

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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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2 commentaires pour d’ouvrir les rivières

  1. catrin dit :

    bon, je ne sais pas, il y a quelque chose là dedans que je ne voudrais pas perdre, comme une piste ou un fil… si j’y retouche je risque de l’abîmer (sic).. je vais attendre, c’est mieux, la pâte est trop chaude.. mais quelqu’un a un éclairage, je le prends

  2. catrin dit :

    note:-à ceux qui passent ici – le texte se lit de bas en haut

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