je ne t’écris pas – 3

 
 
 
 
 
je ne t’écris pas, tu vois bien, et comment le pourrais-je…
Neige morte, ses haleines évanouies, tout ce qui luit
soudain se recouvre d’eau et d’or, et la boue attend le vert,
quand plus rien de ses blancheurs ni des bleus sidérants
ne fait danser la buée, ne crispe ni n’incite à une lutte,
quand les chaleurs relâchent les muscles et installent
bientôt sur la ratine de velours les chairs nues des paresses
 
loin, je me retire, longe les ombres fraîches et noires,
où cacher mes mains meurtries où fouir ma langue 
je cherche la seule pierre qui me garde   …jusqu’à Neige
 
 
 
 
 
 
 
 
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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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6 commentaires pour je ne t’écris pas – 3

  1. christophe93220 dit :

    Avec tout ce que tu n’écris pas il y a de quoi écrire un livre :-))

    Sérieusement, j’aime beaucoup cette trilogie.

  2. Catrine dit :

    ..je ne sais pas pour ce qui est d’un livre… peut-être bien..mais il y a une contradiction assez marquée entre le premier et le troisième, ce qui empêche une poursuite, contrecarre et expédie «ad patres»… puis encore au carnet papier… je m’interroge …il s’est passé quelque chose entre le premier et ce troisième, quelque chose qui aura coupé le mouvement d’une libération, d’un dégagement, on dirait une mise à mort dans la parole, l’acceptation ne devait pas être une mise à mort… ha merde… mais une mise à vie…merde merde merde il faut que je reprenne, je viens de voir la rupture avec moi-même!

  3. christophe93220 dit :

    Le problème avec l’écriture c’est qu’elle n’arrive pas à trahir son âme, son âme profonde ; on voudrait lui faire dire quelque chose de beau ou quelque chose qu’on voudrait voir se réaliser, mais c’est elle qui décide, et la fin qu’elle trace n’est pas la fin qu’on voudrait choisir, et en ça il n’y a pas encore de fin parce que le coeur ne l’a pas encore décidé. On voudrait la faire mentir mais c’est elle qui nous trahit. Attendre, guetter l’instant, rêver peut-être… ;-)

  4. Catrine dit :

    oui, exactement, c’est elle qui décide, sauf que ce n’est pas un problème, c’est précisément l’écrire, l’écrire dans sa véritable dimension, c’est à dire celle qui nous exclue, celle avec laquelle nous n’avons rien à voir. mais pour la rencontrer cette dimension, pour la rencontrer dans sa véracité, il faut être en véracité soi-même (donc d’abord accepter la rareté du moment de cette véracité en soi) dans l’instant même de cette véracité…(euh ^^ …)

    je me rend compte que les aveux sont honnêtes dans cette petite suite, que je ne triche pas … mais pour la poursuivre, je dois défaire ce qui affleure dessous, je dois me le permettre; en fait je ne me sens pas trahie par l’écrire, je me sens révélée – je veux dire que j’ai acceptée, j’accepte, une obligée transparence, même quand ça me brûle…

    merci d’être là, Christophe

  5. claireccile dit :

    Bonjour catrin,

    C’est flou dans ma mémoire mais je vais l’écrire quand même : il me semblait que l’arrivée de la neige, il y a quelques mois, amenait dans tes poèmes une sorte de libération.

  6. Catrine dit :

    oui, et à bien y regarder c’est un des grands moteurs depuis le tout début. j’écris quand il neige, j’écris plus, et souvent mieux autour de la neige ou quand elle est autour, pareillement pour le dessin et la peinture, et, c’est qu’en fait, je suis née avec elle (dans une très grande et longue tempête de neige). l’hiver et la neige représentent beaucoup et je ne te livre pas tout ici, bien que l’écriture laissée en sillage soit plutôt révélatrice… Sauf que cette année, l’hiver s’est manqué, il n’a pas recouvert les voitures, il n’a pas endormi la ville avec un blizzard…ni mon pays dans une tempête de trois jours…donc il y a pour moi un manque réel, de ce retour non-arrivé, puisque j’attend l’hiver comme on attend le printemps.

    aussi, et je réfléchis/observe/comprends ça depuis plusieurs années, il y a quelque chose qui tient de l’épilepsie (la neige sur l’écran télé happe littéralement les grands épileptiques), mais du petit mal plus précisément, de conditions hypnotiques, sons ou tout ce qui s’apparente à un bruit blanc sur un transistor par exemple ou le moteur de l’aspirateur, le vent dans les feuillages, tout bruit d’eau courante, (les roulis de train dans mon enfance), puis les mouvements répétitifs aussi comme les escaliers mécaniques mais aussi un escalier interminable (je dois éviter de regarder où je mets les pieds, je dois regarder vers le haut ou le bas, le point de chute, trouver un point de fuite), ou même le mouvement nerveux d’une jambe dans une salle d’attente, donc la chute de neige longue et sa musique (c’est pour moi extatique), sont des choses qui amènent des états « étranges », qui « m’attrapent » et que je tente d’apprivoiser mais de maîtriser aussi…

    autre chose aussi qui est importante pour moi, Neige est fidèle, fidèle à l’Hiver, fidèle à elle-même, bien qu’elle ne soit jamais la même, elle est toujours Neige.

    et bon, c’est assez, je range mes doigts :¬)

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