je suis venue te dire – 5

 
 
 
je suis venue te dire
tout l’espace endormi à mes mains
ce silence étanche et calme
tandis que le geste n’attend rien
juste mi-aile
mi-feuille il se pose
 
il se pose et admire le vent
venant de loin et
m’entourent ses châles d’odeurs
cimes 
poudres de pierre
vastes mers
et la valse des méduses
 
 
 
 
 
 
*
 
 
 
 
 
 
Je suis venue te dire – 5 (bis)

7 janvier 2012 – ajout
(chant de seule)
 
 
 
 
ma poitrine est un creuset
dont je ne sais la chimie
ma pensée est un livre
de louanges à la blancheur
 
 
mon sang est une seule nuit
filée de milliers d’étoiles
mon poumon une cage ouverte
où s’assoupissent les oiseaux
 
 
mes viscères sont des loups
déchirant mes misères
mon ventre est une arche
où logent cent créatures
elles mangent et suçotent
lentement tous mes rêves
 
 
mon bras est un ruisseau
emporté par la vie
ma main est cette plage
qui jamais ne voit la mer
 
 
mon épaule est une lune
que ne touche nul soleil
mon dos est une ove
où se taisent les prières
 
 
d’une absence je suis la fille
accouchée dans la neige
mon souffle est ce vent
qui tourmente les falaises
je suis dans l’instant une tempête
ou un écart sur ta route
 
 
ma parole est de poussière
d’un peu de cendre envolée
mon amour est l’océan
qui t’entoure …et me sépare
 
 
ma poitrine est un creuset
dont je ne sais la chimie
ma pensée est un livre
de louanges à la blancheur
 
 
 
 
_________________________________________________________
modifié 7-o1-2o12 C.G.
 
Publicités

A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
Cet article, publié dans écrivailleries, impromptus, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

19 commentaires pour je suis venue te dire – 5

  1. claire dit :

    « ma poitrine est un creuset
    dont je ne sais la chimie »

  2. Catrine dit :

    Merci Claire

  3. Fabrice Farre dit :

     » ma pensée est un livre
    de louanges à la blancheur  »

    rien que ces deux derniers vers sont une pure merveille. Merci CG.

  4. Christophe dit :

    Personnellement, j’aime beaucoup les deux première strophes, mais je trouve que la troisième casse un peu « l’ambiance » (la magie et le charme) des deux d’avant, plus aériennes (forcément), plus allégoriques ; je la trouve trop directe, trop prise de position, un peu comme une assertion philosophique… Ca n’est pas qu’elle n’est pas de qualité, mais je trouve qu’elle n’a pas sa place, là.
    C’est un point de vue totalement personnel, partisan et subjectif, bien entendu…

  5. Catrine dit :

    merci bien Fabrice.

  6. lutine dit :

    Je suis venue souvent relire, et c’est vrai que de ton poème j’en ferai deux. Cette troisième strophe trés belle est une autre veine des deux premières dans lesquelles je me sens dans l’espace

  7. Catrine dit :

    Ha! enfin!! Enfin un désaccord ouvert!! Ouf… :)
    Oui, tu as bien raison. Et en fait la dernière strophe était la première – je réfléchissais beaucoup trop – puis quelque chose a interrompu le fil (un téléphone) ensuite il ne restait que de la brume, le curseur s’est placé au dessus et j’ai “dessiné” la brume restante, résiduelle, la part du texte que tu aimes… donc cette strophe “disparate” est à la fois à sa place (moteur) et pas à sa place (sous-jacente ressurgie?). Je l’ai laissée là un peu à l’écart, un peu comme une pièce de puzzle qu’il faut placer soi-même, ou, si tu préfères, une échourie…un bois flotté, un os blanchi sur le sable; je ne retouche pas les “descentes” de cette suite qui faufile le blog et qui arrive quand elle veut, comme elle veut, parce que j’aime les surprises, les choses non-finies, les imparfaits, le “pas tout-à-fait” qui est en fait… une piste.. une piste pour autre chose..que je ne sais pas encore.
    Mais surtout je suis contente que tu dises tout haut ici, j’apprécie énormément. Merci Christophe.

    Répondre

  8. Catrine dit :

    (on dira que j’avais mis deux chaussures différentes ce jour là) :)

    Bon, je ne suis pas certaine de vouloir les séparer – j’va y penser… :)

  9. Catrine dit :

    modifié o7-o1-2o12. C.G.

  10. lutine dit :

    Tu as donc retrouvé le fil avant le téléphone. Les parties du corps qui sont nos points cardinaux. C’est trés beau.

  11. Catrine dit :

    merci lutine (mais je ne suis sûre de rien…) :)

  12. bleuemarie dit :

    Les commentaires posés ici sont impressionnants..je ne suis pas toujours à l’aise avec les mots, je préfère les formes, les lignes les couleurs…
    voulais simplement dire que j’aimais, ces rythmes, ces mots, ces images posées.

    Bien cordialement
    Marie

  13. lutine dit :

    moi non plus

  14. Catrine dit :

    Ha, Marie, les commentaires sont des commentaires….qui disent et taisent tout à la fois, des impressions, des oui et des non, tous sont valables et enrichissant; ce sont des regards et le tien est le bienvenu!
    Merci bien, Marie. Tout aussi cordialement :)

  15. Florian T. dit :

    Tu n’es venue rien dire en fait.

  16. Catrine dit :

    tes yeux sont tes yeux, Florian :¬)
    tu te souviens de ton autre commentaire sur le tout et le rien étant une même chose?
    aussi cet effiloché aura donné d’autres choses – qui resteront dans mes carnets pour un moment – je ne réussis pas tous mes sauts, plongeons, chutes (heureusement, autrement je serais bougrement inquiète) le but n’étant pas réussite, mais trouver une nouvelle piste, un angle, une dimension – un étonnement, un inconnu – … et parfois je tombe.
    en tout cas, merci de passer ici!

  17. Florian T. dit :

    J’ai voulu exprimer que ce que tu viens dire, précisément, est hors du langage, de la transmission la plus banale – et qui donc nécessite l’écrit – ce qui est dit est le non-dit.

    Nan ?

  18. Catrine dit :

    voui
    Florian, oui.

Réponse, avis, contre-avis, réflexion, écho, c'est ici:

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s