l’odeur métal

 

 

 

 

 

aucun geste ne m’apaise

quelque chose crie
meurt
ma chair brûle des encens
s’étiolent
les âcres parfums
révulsent

je guète
l’odeur métal

 

 

 

 

Neige, tu le sais, j’attends tes éclaireurs lucides, l’annonce de ta marche sur le monde; les attelages mauves à laver les lumières, l’assourdissement comme une accalmie souveraine et salvatrice. Dans ma hâte s’allument des feux sur mon front. Arrives-tu ? Dans ma hâte, je regarde comme encore tu files mes cheveux. Braise et Joie s’impatientent. Arrives-tu ?N’oublie pas tes robes, les plumes de mer pour les arbres, tes traînes et les manches longues de tes givres. Je rêve tes yeux opales sur le monde fou, tes chutes virevoltantes et véloces! Reviens m’effacer! Reviens prolonger la nuit où incandescente tu luis d’aurores.

 

 

 

 

 

 

 

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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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8 commentaires pour l’odeur métal

  1. Serge dit :

    J’aime beaucoup cette écrivaillerie, qu’elle soit verticalement poétique ou en prose dialoguée et…ponctuée !

  2. lutin dit :

    très beau

  3. Catrine dit :

    …et ponctuée! dis-tu (pour une fois il n’y a pas de désordre) : de la ponctuation ici j’en avais l’image des attelages, autant que les brides de l’attente. mais j’arrête ici l’explication… Contente que ça te plaise Serge! Merci!

  4. Catrine dit :

    Merci beaucoup, lutin :¬)

  5. Christophe dit :

    J’aime particulièrement la seconde partie – très belle – mais elle fait contrepoint à la première avec son apaisement, apporte la douceur appelée dans la première, avec sa violence et son inquiétude…
    J’aime beaucoup ton écriture

  6. Catrine dit :

    …contrepoint, oui, mais « aucun geste ne m’apaise ».
    Merci, Christophe Le Ham

  7. Florian T. dit :

    moi je préfère les trois textes du dessous, nettement, celui là a un air incantatoire un peu lourd. c’est trop « dixneuviémisant » etc. je le sais car je ne vois pas la neige comme il faudrait, je vois un barde dans son parloir urbain qui regrette son enfance sans oser la chercher. y a trop d’esprit là-dedans !

  8. Catrine dit :

    ..pourtant c’est bien bien loin de l’enfance, et bien près d’appeler la « mort » ou un fantôme, dont Neige serait l’avatar. Oui peut-être trop d’esprit, mais curieusement, c’était ça le sujet: la première partie prie (fait brûler les encens dans son « corps ») et la seconde souhaite profondément, avec ardeur (pour moi cette « parole » là est très ancienne, compte les années comme des siècles, et est certainement épuisée, de labeurs, de bruits, de conneries, de patiences, d’attentes) l’arrivée libératrice pour « ne plus tenir ». Donc duo esprit/coeur. Ce qui est assurément lourd et à dessein, c’est le coeur, ce qui pèse est sous sa « parole ».

    Mais je comprend pourquoi tu viens me dire ça, tu fais bien. Je veillerai. Merci beaucoup Florian!

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