je suis venue te dire – 3

je suis venue te dire que sans cesse je découvre ne sais écrire

 

 

 

 

 

 

le geste recommence chaque jour différent de lui

me déplie en dépliant un chemin qui toujours s’inconnue

me détrouve où nuit efface détours traces jusqu’en lui

maison mienne que je perds annule et me nue

et je nue recommence chaque jour différence de moi

 

 

 

 

 

 

 

ils disent rigueur à laquelle je dis celle de s’oublier

que s’avancer constance devant un peu plus encore ouvre lied

comme en montée monte et tant soulève

que chemin seul de seule ensemble est ce gravir

 

 

 

 

 

 

 

autre dire un vide auquel croire s’accrocher d’un réel

répond-je nuit pleine comme la mer d’invisible ouvre nous

que des pentes glissent encore l’avance d’avantage devant plein

refoulé d’eux parce qu’infime d’infime se refusent quand  l’ouvre

ouvre à boire une outre et que seule ensemble

et l’eau libère

les vannes des écluses versent une nuit unique et parfaite

où voir sans yeux de voir l’être ni mains fragilement de recevoir

et je nue recommence chaque jour différence de moi

 

 

 

 

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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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6 commentaires pour je suis venue te dire – 3

  1. lutin dit :

    Cet agencement de mots m’échappe mais sur le fond je suis d’accord avec toi.

  2. Catrine dit :

    ainsi.. [ je ] court ce risque: il n’y a pas d’échappatoire à «tout m’échappe»,
    jusque la lecture en participe; l’abîme n’est pas une question d’accord …

  3. Catrine dit :

    Lutine, en fait…je pense que …je ne suis pas mal avec le fait que « cet agencement de mots (t’)échappe », ou qu’il échappe à lui-même, ou encore s’échappe de la langue usuelle, écrite, orale, web ou autre, qu’il échappe au sens…ou whatever ce que tu as en tête :¬) que je ne peux entendre ni voir; je ne suis pas mal avec l’incompréhension (je m’y suis habituée..) ou son instant rugueux, ni avec des tentatives qui avortent, ni à me casser la gueule, ni à me tromper…

    mais puisque tu passes ici, voudrais-tu faire un essai? voudrais-tu tenter de le lire avec une voix très ouverte, et le laisser chanter… voudrais-tu ?

  4. gmc dit :

    PARLER AVEC L’OREILLE

    C’est l’invention permanente
    La ronde des révolutions
    Sarbacanes en bandoulière
    Pour faire siffler les trains

    C’est de la varappe en plaine
    Du funambulisme en apesanteur
    Une infusion de sortilège
    Qui s’épure en se déroulant

    C’est l’heure où se maquillent
    La ressemblance et ses divergences
    Comme autant de sarments de parfum
    Et de rayons d’arc-en-ciel

  5. Catrine dit :

    pourtant ….je suis à l’heure où se démaquillent/la ressemblance et ses divergences, mais j’ai certainement tort :¬) merci beaucoup pour le texte gmc

  6. gmc dit :

    aucun souci, j’aurais pu écrire « se remaquillent » ^^

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