pensées frivoles

pourtant que, je touche des choses, objets, réels et tangibles, définis prédéfinis, portant un nom et des intentions, ayant des attributs des qualités et parfois des inconvénients, ma pensée puis mes rêves touchent d’autres choses réellement intangibles; sont-elles moins réelles que les choses touchées avec mes mains réelles, ou sont-elles plus réellement vraies puisque dans l’impalpable réel qui nous habite? le plus réel de moi est-ce ce que tu vois, touches, entends, ou, tout ce que tu ne peux jamais atteindre..? les deux? les trois? les douze dimensions du réel toutes à la fois? et je si pense ici au réel de toi, à toutes les formes de toi dans tes temps et tes espaces – toutes ces formes auxquelles je n’ai pas accès bien que toutes soient aussi réelles que tu puisses l’être, et que toutes forment ton réel présent – quel est ton présent réel, celui du concret réel ou celui de ton impalpable réalité?

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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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4 commentaires pour pensées frivoles

  1. gmc dit :

    c’est très bouddhiste dans l’esprit^^
    j’aime assez cette citation du « soutra de l’entrée à lanka » (Vème s. pour la premère version écrite):

    « les idées fictives naissent
    des erreurs suscitées par les apparences.
    ces idées sont donc le réel
    puisque les apparences ne sont pas des idées »

    après 350 pages de dialectique, le « lanka » se termine par cette recommandation importante (?^^) « toutes choses sont libres du langage » (<—- ça, c'est pur fun)

  2. Catrine dit :

    ha! c’est drôlement intéressant, et j’aime assez cette citation! ha oui! mais je ne suis pas certaine d’être tentée par la dialectique (faudrait que j’essaie de lire ce «lanka» :¬) j’évite peut-être un peu trop les lectures approfondies ces temps-ci…) et oui pur fun, comme tu dis: « toutes choses sont libres du language » et même ça procure un effet de « vacances » dans l’esprit, ça libère – peut-être la pensée moderne étouffe-t-elle dans les carcants du language, dans les formes obligées du tout en boîte – et tu viens de m’éclairer une piste, un dégagement possible sur mon « chemin de retour »… c’est super!
    Merci, gmc!

  3. gmc dit :

    LE CHEMIN VERS ITHAQUE (Constantin Cavafis, 1911)

    Quand tu prendras le chemin vers Ithaque
    Souhaite que dure le voyage,
    Qu’il soit plein d’aventures et plein d’enseignements.
    Les Lestrygons et les Cyclopes,
    Les fureurs de Poséidon, ne les redoute pas.
    Tu ne les trouveras pas sur ton trajet
    Si ta pensée demeure sereine, si seuls de purs
    Émois effleurent ton âme et ton corps.
    Les Lestrygons et les Cyclopes,
    Les violences de Poséidon, tu ne les verras pas
    A moins de les receler en toi-même
    Ou à moins que ton âme ne les dresse devant toi.

    Souhaite que dure le voyage.
    Que nombreux soient les matins d’été où
    Avec quelle ferveur et quelle délectation
    Tu aborderas à des ports inconnus !
    Arrête-toi aux comptoirs phéniciens
    Acquiers-y de belles marchandises
    Nacres, coraux, ambres et ébènes
    Et toutes sortes d’entêtants parfums
    – Le plus possible d’entêtants parfums,
    Visite aussi les nombreuses cités de l’Égypte
    Pour t’y instruire, t’y initier auprès des sages.

    Et surtout n ‘oublie pas Ithaque.
    Y parvenir est ton unique but.
    Mais ne presse pas ton voyage
    Prolonge-le le plus longtemps possible
    Et n’atteint l’île qu’une fois vieux,
    Riche de tous les gains de ton voyage
    Tu n ’auras plus besoin qu’Ithaque t’enrichisse.
    Ithaque t’a accordé le beau voyage,
    Sans elle, tu ne serais jamais parti.
    Elle n’a rien d’autre à te donner.
    Et si pauvre qu’elle te paraisse
    Ithaque ne t’aura pas trompé.
    Sage et riche de tant d’acquis
    Tu auras compris ce que signifient les Ithaques.

  4. Catrine dit :

    Pardon j’ai mis du temps à répondre, ce Cavafis posté ici m’a replongée ailleurs et ramenée à des images d’enfance où Ulysse et ses voyages (la télévision passait un épisode chaque semaine) peuplait nos jeux et joutes à mes frères et moi; puis à l’Odissée lue plus tard à l’adolescence! «Rien ne se perd» et tout se transforme… seulement, nous oublions nos empreintes… Ce texte est superbe. Merci pour ce cadeau.

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