IV – Ombre et la forêt

Un vertige de beauté ferme mes yeux. Tout est si bruissant. Comme ces bruissements enflent et s’entremêlent, le froissement des brises et des souffles prend des ampleurs de musiques, d’océan sonore. Leurs respirations en vagues murmurées s’emportent jusqu’au sang des tempes, aux battements du cœur, et multiplient les battements de vies intenses, yeux et odorats vifs, petits corps des plumes, des fourrures. J’écoute leurs enjambées, les sauts, la course entre les arbres. Le trépidant des minuscules rivières rouges et vivantes que l’instinct seul propulse. Puis ce sang des arbres, haut, ses transparences. Un vertige de beauté m’ouvre les yeux.

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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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2 commentaires pour IV – Ombre et la forêt

  1. Ginette Desmarais dit :

    On se croirait foetus près d’un placenta cosmique. Tout ce monde qui « parvient » feutré aux ouïes et aux yeux aveugles d’un être embryonnaire livré à toutes les pulsations. La forêt et la nature ont souvent cette vertu de nous ramener à l’âge du paradis.

  2. Catrine dit :

    Ha! Voilà, voila qui me surprend et me rassérène à la fois!
    C’est qu’il est question de nudité absolue (je n’étais pas allée jusqu’à « foetus » ou « embryonnaire », mais l’idée était de ce rebours à l’innocence et je réalise que je ne me l’étais pas encore formulée, pas si clairement) de dégagement vers une « pureté » ou quelque chose d’approchant une « virginité » des sens, d’absorbtion, une manière d’abandon quant à tout ce qui charge l’être, pour se placer dans un état neuf, neuf et réel d’ouverture à… ce qui entoure, ce qui vit autour, quant bien même ce ne serait que dans l’invertie (mais là je vais m’arrêter les doigts avant que de glisser dans une autre piste – je te souris)
    Je te remercie infiniment d’être passée ici, d’avoir pris ce temps, et d’y laisser ton éclairage qui est tout à fait bienvenu et d’à propos.

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