I – Ombre et la forêt

Au pied d’un arbre, amassé contre les écorces, le lit des épines sous les jeunes feuillages chante doucement cet air de pin et d’oiseaux, le pelage des renards. Juste à côté la lumière trempe ses doigts, filtre et infuse, lente, les aspérités où l’ombre s’était assise. Elle déroule des ors liquides, des draperies de baldaquin sur les têtes duveteuses des violons nouveaux. On dirait qu’ils penchent et se tendent simultanément. Sous leurs chemises floconneuses et rousses, leurs traits arrondis de verts s’allongent en poignets souples parmi des vestiges de concerts brunis, un vieux registre grisâtre et le filigrane des veines transparentes des anciennes mains de l’orme, mains passées sous la bouche de l’hiver.

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A propos 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com
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4 commentaires pour I – Ombre et la forêt

  1. Morgan Riet dit :

    Je plonge dedans !

  2. gert dit :

    Wow ! tu décris parfaitement la scène qui accompagne mon café chaque matin…
    j’ai les yeux, tu as les mots. Bravo.

    « Juste à côté la lumière trempe ses doigts, filtre et infuse, lente, les aspérités où l’ombre s’était assise »… de toute beauté !

  3. Catrine dit :

    plonge! plonge dedans, je t’en prie
    Merci Morgan :¬)

    (je pense que j’avais besoin de « laver » mes mains…)

  4. Catrine dit :

    merci Gert, je suis ravie que ces mots rejoignent ta réalité matinale!
    … je suis si éloignée des forêts alors que j’aspire tant à y être – suis ravie si cette forêt que je porte respire du réel – je te souris. Merci encore.

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